Vue de l'espace, notre planète, la Terre, ressemble une grosse bille blanche et bleue. Des couleurs d'abord dues à une fine atmosphère chargée de nuages d'un blanc éclatant et à des océans constitués d'eau liquide, qui en recouvrent près des trois-quarts de la surface. Son orbite la place entre celles de Vénus et de Mars, deux autres planètes, relativement proches du Soleil, pour l'essentiel constituées de roches, et avec lesquelles elle partage nombre d'autres caractéristiques. Ces trois planètes forment la famille des planètes telluriques. Plusieurs choses singularisent cependant la Terre. Pour commencer, celle-ci a une surface très jeune, et en perpétuelle évolution. Cela est dû au renouvellement permanent de la croûte terrestre par trois éléments uniques : un fractionnement en plaques (plaques tectoniques) de sa partie supérieure, qui sont mobiles les unes par rapport aux autres, l'abondance d'eau à l'état liquide, et la présence d'organismes vivants.
Les plaques tectoniques
Sur notre planète, la croûte et la partie supérieure du manteau (qui ensemble forment ce que les géologues appellent la lithosphère) se sont cassées en huit plaques principales, et une vingtaine de sous-structures plus petites. Certaines de ces plaques sont fines (5 à 10 km) et se rencontrent sous les océans; d'autres sont plus épaisses (autour de 35 km) et constituent les continents. Poussées par les mouvements des roches à l'intérieur du manteau, elles glissent les unes sur les autres et modifient en permanence la forme des océans et des continents. Ainsi, par exemple, ceux-ci étaient-ils tous soudés en un seul il y a quelque 180 millions d'années. Ce supercontinent appelé la Pangée, s'est ensuite scindé en deux parties principales entre lesquelles a commencé à grandir ce qui est aujourd'hui l'Océan atlantique.
L'intérieur de la Terre - L'intérieur de la Terre se structure en plusieurs couches superposées. Une mince croûte superficielle très dure et froide, l'écorce, un manteau (deux-tiers de la masse de la Terre) rigide, mais en mouvement perpétuel, chaud, et un coeur central dense. La partie interne de ce noyau est solide et constituée de fer et de nickel. Les régions externes, mélange de fer et de soufre, sont liquides.
Les plaques tectoniques flottent au-dessus de régions du manteau restées meubles à cause de la chaleur - aujourd'hui (pour 70% à 75%) d'origine radioactive, et en partie engendrée par la libération de chaleur par la transition de phase qui s'opère à la limite supérieure du noyau - qui y reste accumulé. En s'évacuant depuis les régions les plus profondes de notre planète cette chaleur engendre de lents mouvements de convection, qui sont à leur tour la cause, le long de lignes appelées dorsales océaniques, du renouvellement du matériau des plaques et du déplacement de celles-ci de quelques centimètres par an. Ce phénomène est à l'origine de ce que l'on a appelé la dérive des continents (mais aussi de l'ouverture de l'Océan atlantique, par exemple), ainsi que de la formation chaînes montagneuses et de volcans, dans les régions où deux plaques se rencontrent et se compriment ou se chevauchent. Sur le très court terme, le déplacement des plaques est également la cause des séismes.
L'eau
L'existence d'eau liquide en abondance est elle-même un facteur de transformation de la surface de la Terre par le biais, notamment, de l'érosion. L'eau, provient en partie, du dégazage des roches du manteau et été initialement injectée dans l'atmosphère par les volcans. Mais une fraction importante de cette eau a aussi été apportée lors du pilonnage de la planète par des myriades de comètes au début de son histoire. Aujourd'hui, les océans recouvrent l'essentiel de la surface du globe et leur présence affecte de façon notable le climat. A l'instar de l'atmosphère, les océans contribuent à homogénéiser la température aux différentes latitudes en transportant, grâce aux courants (tels le Gulf stream, dans l'Atlantique), vers les régions polaires l'énergie solaire reçue en abondance dans les régions équatoriales. Le cycle de l'eau (succession d'évaporations et de précipitations), pivot des échanges énergétiques entre les océans et l'atmosphère, ajoutant encore à la complexité des transports d'énergie entre les différents points du globe.
L'eau à l'état liquide existe sur notre planète au moins depuis 3,8 milliards d'années. La distance de la Terre au Soleil n'explique que partiellement cette situation. Il faut aussi supposer l'existence d'un thermostat climatique, c'est-à-dire d'un ensemble de mécanismes régulant les conditions à la surface du globe. Le fonctionnement d'un tel thermostat repose sur l'effet de serre, grâce auquel la température moyenne à la surface du globe (288 K) est de 35 K supérieure à ce qu'elle serait sinon. Un effet de serre lui-même contrôlé, pour l'essentiel, par l'abondance de deux gaz : le dioxyde de carbone, injecté dans l'atmosphère au gré des phénomènes volcaniques (et aujourd'hui de plus en plus du fait des activités humaines), et aussi, justement de la vapeur d'eau, responsable de 90% de l'effet de serre.
-
Terre.